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Derniers pas au Caire, entre chaos et splendeur 

By janvier 7, 2026No Comments
Jour 16 – Derniers pas au Caire, entre chaos et splendeur  10 janvier 2025

Ce matin, nous quittons l’appartement et prenons un double taxi: deux voitures qui se suivent, direction le vieux Musée égyptien du Caire, sur la place Tahrir.  La circulation est, une fois de plus, complètement anarchique. Klaxons, dépassements improbables, règles de conduite inexistantes… et, comme si c’était normal, le taxi des filles se fait même accrocher le pare-chocs par un autre automobiliste.  Tout le monde descend, quelques mots échangés… puis chacun repart comme si de rien n’était. Incroyable, mais manifestement banal ici.

Nous arrivons finalement au Musée égyptien du Caire, un bâtiment mythique inauguré en 1902, à l’architecture néoclassique, qui a longtemps été le cœur battant de l’égyptologie mondiale. Même si le « Grand Egyptian Museum » n’est pas encore officiellement ouvert, le vieux musée demeure une expérience en soi.

À l’intérieur, c’est une plongée directe dans l’histoire de l’Égypte ancienne.  Les galeries sont denses, mais fascinantes.  Statues colossales de pharaons, bustes en granit et en diorite, reliefs finement sculptés, stèles funéraires, sarcophages peints, bijoux, papyrus, outils du quotidien… tout y est, parfois présenté sans explication, comme dans un immense cabinet de curiosités.

  

Nous passons de salle en salle, émerveillés par les trésors de Toutânkhamon: son célèbre masque funéraire en or, les coffres richement décorés, les statues protectrices, les bijoux en or.  La quantité totale d’or dépasse les 100 kg, on imagine la richesse de ce jeune pharaon.  Même après avoir tant vu sur le terrain, l’émotion est toujours là.  Ces objets racontent une histoire vieille de plus de 3 300 ans.  Nous n’avions pas le droit de prendre de photos du masque funéraire, donc le crédit va: © Jarino47 / 123RF

Au fil de la visite, une idée farfelue refait surface.  Sophie avait apporté dans ses bagages une assiette de Tunisie, cadeau d’une amie lors de son voyage là-bas.  À la base, nous voulions faire une blague aux vendeurs trop insistants en tentant, à notre tour, de leur «vendre» quelque chose avec autant d’acharnement… mais la joke n’a jamais vraiment eu lieu.  Finalement, nous décidons de pousser la blague plus loin: discrètement, nous accrochons l’assiette sur une vitrine du musée, comme si elle faisait partie de la collection.  On se retient de rire, complètement crampés par notre propre blague.  Un artefact de plus dans l’histoire millénaire de l’Égypte! Ha!Ha!Ha! On imagine les employés du musée quand ils vont la voir et qu’ils décideront (ou non) de la transférer en même temps que les autres articles, dans le nouveau Musée!

Quand on regarde l’heure, il est presque midi.  Nous avons vagabondé dans le musée pendant près de trois heures sans voir le temps passer.  Il est temps d’aller manger.  Et quoi de mieux que de revoir une dernière fois les pyramides! Après tout, nous sommes en Égypte.

Nous hélons une mini-van taxi sur la rue, tous les six ensemble, direction Gizeh.  Nous trouvons un restaurant sur un toit et devant nous, les pyramides se dressent, majestueuses.  Nous dînons tranquillement, en admirant le paysage, en nous remémorant les moments forts du voyage: les temples, le Nil, le désert, les rires, les imprévus.

Après le repas, nous rappelons notre chauffeur, qui nous avait laissé son numéro. Il est encore disponible et vient nous chercher pour nous conduire vers l’un des lieux les plus chargés d’histoire du Caire : la Citadelle. Perchée sur les hauteurs de la ville, elle domine la capitale depuis le XIIᵉ siècle. Construite par Saladin vers 1176 pour défendre Le Caire contre les Croisés, elle fut ensuite occupée par les Mamelouks, les Ottomans, puis utilisée par les Britanniques. Pendant des siècles, elle a été le cœur du pouvoir politique et militaire de l’Égypte — un lieu stratégique, mais aussi profondément symbolique.

Derrière ses murs massifs et ses panoramas spectaculaires se cache pourtant un épisode sombre de l’histoire du pays. En 1811, Mohammed Ali Pacha y invita 470 chefs et émirs mamelouks pour une cérémonie officielle, sous prétexte de célébrer le départ d’une campagne militaire. Pris au piège dans la rampe étroite menant à la citadelle, ils furent encerclés et massacrés par les troupes du pacha. En quelques heures, une caste guerrière qui avait dominé l’Égypte pendant plus de six siècles disparaissait brutalement à jamais.

Quelques pas plus loin, au sommet même de cette citadelle marquée par le sang, s’élève la mosquée Mohammed Ali, aussi appelée Mosquée d’Albâtre. Construite entre 1830 et 1848, elle incarne l’autre face du pouvoir du pacha: celle de la modernisation, de l’autorité et du prestige. De style ottoman, elle impressionne par son immense dôme central, ses minarets élancés et l’élégance de ses proportions. Là où les Mamelouks ont été éliminés dans l’ombre, Mohammed Ali a choisi d’inscrire son héritage dans la pierre.

À l’intérieur, l’atmosphère change. L’espace est lumineux et marqué par une sobriété rehaussée de détails: mosaïques délicates, lustres suspendus, surfaces d’albâtre. Depuis la terrasse, la vue sur Le Caire est spectaculaire. Les toits, les minarets, le Nil serpentant à travers la ville… tout s’étend à perte de vue. Un dernier regard sur cette métropole immense.

Notre chauffeur nous attend fidèlement, et nous repartons ensuite vers le souk Khan el-Khalili, pour notre dernier souper.  Nous déambulons entre les boutiques illuminées, les odeurs de nourriture et les marchands qui veulent nous vendre à tout prix.  Nous visitons le marché en fin de journée. La dernière fois que nous étions ici, c’était le soir.  Il est intéressant de voir la différence.

En regardant les boutiques, P-O et Sophie craquent pour un tapis Perse ancien, de grande qualité mais troué à certains endroits.  S’ensuit une négociation épique, ponctuée de discussions animées et même de retouches promises sur place par un artisan.  Ils repartent ravis de leur achat et fiers de leur trouvaille.

Nous soupons dans le souk, profitant une dernière fois de cette atmosphère unique, avant de rentrer à l’appartement vers 21 h.  La soirée est douce, mais chargée d’émotion. Ça sent la fin du voyage.

Les enfants doivent partir cette nuit.  Leur taxi pour l’aéroport arrive vers 22 h, pour un vol à 1 h 40.  Les voir partir avant nous est étrange.  Un pincement au cœur, un mélange de fierté et de nostalgie.  Stéphanie et moi restons au Airbnb, notre vol étant prévu le lendemain matin à 9 h 25.

  Jour 17: Le Caire – Canada 11 janvier 2025   Les vols se déroulent sans problème. Et on se retrouve à la maison tous ensemble le soir! En parcourant l’Égypte pendant ces seize jours, notre objectif était clair: vivre l’histoire, ressentir la culture et créer des souvenirs d’aventure en famille.  Nous pensions découvrir des temples, des tombeaux et des musées… mais l’expérience a largement dépassé nos attentes.  Chaque moment – qu’il s’agisse des balades sur le Nil au coucher du soleil, survol en montgolfière, la traversée du désert en jeep, des fous rires dans un vieux taxi, des rencontres avec les habitants, ou des leçons d’histoire grandeur nature dans la Vallée des Rois – nous a immergés dans une Égypte vivante et vibrante. Ce voyage fut plus qu’un simple itinéraire touristique: il a été une plongée dans un monde où le passé et le présent se côtoient , où l’émerveillement se mêle à la curiosité et à la complicité familiale.  Nous repartons riches de découvertes, de couleurs, d’odeurs, de saveurs et d’émotions, avec le sentiment d’avoir franchi les frontières de l’histoire pour toucher l’âme de l’Égypte.  Une aventure extraordinaire qui restera gravée dans nos mémoires et dans nos cœurs.   Merci d’avoir suivi nos aventures folles en famille. Sophie, P-O, Audrey, Vincent, Stéphanie et Steve xxxxxx

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