Journée 4 – Göreme : au pays des cheminées de fées
Mardi 31 mai
Il est 6 h. Nous prenons le taxi en direction de l’aéroport. Notre chauffeur nous tombe rapidement sur les nerfs: il n’arrête pas de regarder son cellulaire et conduit tout croche. Ça semble être la norme ici. Depuis notre arrivée en Turquie, on les voit constamment sur leur téléphone en conduisant. Très rassurant. Et surtout, très sécuritaire…
Nous décollons à 9 h et atterrissons à Kayseri à 10 h 15. Ce court vol nous fait économiser près de dix heures de route entre Istanbul et Göreme, en Cappadoce. Depuis des millénaires, cette région est façonnée par l’érosion volcanique, créant un paysage irréel de vallées, de collines alvéolées et d’imposants rochers dressés en forme de champignons… ou de phallus, selon votre imagination. C’est dans ces formations que les premiers habitants ont creusé des habitations troglodytiques, utilisées autant comme maisons que comme refuges. Les Hittites, dès 1800 av. J.-C., s’y sont installés, suivis plus tard par des communautés chrétiennes cherchant à se protéger des invasions.
Nous visitons la Cappadoce autant pour ses randonnées spectaculaires que pour son immense richesse historique et le caractère insolite de ses hébergements. D’ailleurs, notre hôtel est… une grotte! Nous séjournons cinq nuits au Amber Cave Suites Hotel. La région est aussi mondialement reconnue pour ses centaines de montgolfières qui survolent chaque matin ce décor lunaire. Un spectacle que nous espérons bien voir.
Nous avons loué une voiture pour les 14 prochains jours: une Fiat de type berline. En sortant du stationnement de l’aéroport, nous sommes stupéfaits par une immense montagne enneigée: le mont Erciyes, culminant à près de 4 000 mètres. Ancien volcan éteint, il domine toute la région. On se croirait en Suisse! Nous prenons la route, contournons la montagne et la laissons derrière nous. Les routes sont très belles et, comme partout lorsqu’on loue une voiture à l’étranger, les premiers jours demandent toujours une petite adaptation aux codes de conduite locaux.
Une cinquantaine de minutes plus tard, nous arrivons à l’hôtel. Wow. Exactement le type d’endroit que nous espérions. Nous avons une belle suite composée de deux chambres creusées directement dans la roche, décorées dans un style turc chaleureux. À l’intérieur, il fait naturellement frais, pas besoin de climatisation. Le seul inconvénient: il fait noir. Une petite fenêtre à l’avant et peu de lampes… ambiance grotte garantie.
Une fois installés, nous partons dîner. Nous trouvons un restaurant typique où l’on doit s’asseoir par terre, sur des coussins. Le repas est très bon, mais manger assis en indien ou semi-allongés comme des pachas, ce n’est ni très confortable ni très naturel pour nous. C’est le temps d’aller plutôt explorer le village de Göreme.

Göreme compte à peine 2 500 habitants, mais plus de 200 hôtels. Le village est clairement conçu pour les voyageurs. Niché au cœur de vallées spectaculaires aux teintes dorées et aux formations rocheuses improbables, il a conservé un cachet unique malgré son succès touristique. Nous sommes chanceux: à cause de la COVID, il y a peu de visiteurs. La pluie commence à tomber, nous retournons donc nous reposer un peu dans notre grotte-hôtel.

En fin de journée, nous ressortons pour souper au King’s Coffee. Au menu: crêpes turques au fromage, au poulet et aux aubergines, accompagnées de chai latté au lait de pistache. Menoum, menoum! Le propriétaire est très gentil… malgré le fait qu’il fume constamment. Ici, presque tous les hommes ont une cigarette à la main. C’est décourageant. La blague locale prend tout son sens : «Qu’est-ce qui fume plus qu’un Turc? Deux Turcs!»

Il est 19 h 30 et nous nous dépêchons pour atteindre le Sunset Point. On paye 50 cents par personne et on monte la côte. Le soleil est presque déjà couché — on l’a manqué de peu — mais le ciel est encore magnifique. Nous profitons du moment. Le soir, la température est parfaite: 24 °C avec une brise chaude. Rien à voir avec la chaleur écrasante du jour à 33 °C sous le gros soleil.

Nous n’avons pas envie d’aller nous coucher. Il fait trop bon, trop doux, trop parfait pour écourter la soirée. Finalement, les yeux se ferment vers 22 h.
Journée 5 – Göreme et ses merveilles troglodytiques Mercredi 1er juin 2022 Stéphanie entend les montgolfières vers 5 h du matin et en aperçoit deux par la minuscule fenêtre de notre chambre. Elle se rendort, ne nous en informe pas, car nous dormions trop profondément pour qu’elle nous réveille. Après le petit-déjeuner et surtout la pose de crème solaire, nous partons à l’aventure.Nous commençons par la vallée de Pasabagi, célèbre pour ses formations rocheuses triangulaires et ses cheminées de fées surmontées de basalte. Ces rochers ont été façonnés par des siècles d’érosion, et certains servaient autrefois de refuges pour les moines chrétiens qui s’y retiraient pour prier. L’entrée est payante et le site est clairement conçu pour les bus de touristes. Nous faisons un tour rapide et trouvons des sentiers moins fréquentés. Nous grimpons dans l’une des cheminées pour découvrir une cellule monastique ornée de croix grecques. Au sommet, nous apercevons nos premières instagrameuses. Déçus par ce côté superficiel du tourisme, nous quittons les lieux avec un doute sur notre choix de destination. Trop de monde, trop de photos… et nous cherchons l’authenticité.

Nous poursuivons vers le musée en plein air de Zelve, un ancien village encore habité jusqu’en 1952. Cette vallée est magnifique et, à midi, nous sommes pratiquement seuls. Ici, les grottes servaient de maisons, d’églises, d’écoles et même de vignobles. Une visite fascinante qui nous permet d’imaginer la vie quotidienne des habitants pendant des siècles. Une instagrameuse russe et son compagnon, en pantalons blancs, sandales, camisole chic et sac à main Christian Dior! Il faut lui donner tout de même le crédit de faire cette visite au gros soleil, dans les collines rocheuses et les petits sentiers poussiéreux. Elle entre dans plusieurs grottes pour prendre les poses et surtout faire des faces. Audrey et Rose l’imitent et nous n’arrivons pas à croire qu’il y a des personnes qui se pensent belles à ce point et qui ont le goût de prendre des photos comme ça! Malgré le soleil brûlant et les chemins escarpés, elle ne recule pas devant les poses et les clichés… pas toujours très sécuritaires!
Nous explorons les trois vallées de Zelve: grottes, anciennes meuneries, églises et étables sont creusées dans la roche. Chaque recoin raconte l’histoire de communautés qui ont survécu ici pendant des millénaires, entre isolement et protection contre les invasions.

La vallée de Devrent, ou vallée de l’Imagination, nous attend ensuite. Ses formations rocheuses évoquent toutes sortes de formes: chameaux, phoques, et autres créatures surprenantes. Trop faim pour randonner longtemps, un arrêt rapide nous suffit pour voir le fameux chameau et admirer le paysage.


Nous nous dirigeons ensuite vers Ortahisar, un village agricole célèbre pour son château escarpé. Dans le centre, nous trouvons un restaurant local où le propriétaire nous explique en quelques mots d’anglais qu’il sert un seul menu du jour: soupe aux lentilles, plat de viande en sauce avec riz, salade et pain. À 14 h 30, affamés par la chaleur et le décalage horaire, nous lui faisons confiance. Et quelle surprise: c’est délicieux !

Le château d’Ortahisar n’est pas un château classique, mais un piton rocheux fortifié servant autrefois de poste d’observation à l’époque byzantine. Nous empruntons les escaliers en fer forgé longeant la paroi, traversons des chambres creusées dans la roche et atteignons le sommet. La vue sur la région est splendide et permet de mieux comprendre l’ingéniosité des habitants de l’époque.


Petite mésaventure technique: Nous avons oublié de vous dire que ce matin, notre caméra Nikon nous a donné un code d’erreur…. Nous avons tenté de la réparer à l’hotel, en suivant des instructions sur youtube, mais rien ne fonctionne. Il y a une ville pas trop loin qui est plus grosse, Urgup, et nous y allons en espérant trouver un réparateur. Nous nous dirigeons vers le centre-ville et nous apercevons une affiche qui dit fotografci. Ça ressemble à Photographe…donc on arrête pour voir. Yes, c’est bel et bien un photographe. Notre turc n’est pas si pire après tout! Ce n’est pas une boutique de réparation, mais un studio de photo. Ni même une boutique d’appareil. Le photographe ne parle pas anglais, mais il comprend notre problème…. Il inspecte le tout et nous dit Kapoute…. Bon, un autre mot turc qu’on comprend !!! Mais pas celui qu’on voulait entendre. Il travaille juste avec du Nikon et il a, parmi ses appareils, un boitier comme nous. Il nous offre de nous le vendre pour 300 euros. C’est gentil, mais après réflexion, on se dit qu’on n’utilisera que nos iPhone, car ils font de très belles photos quand même.
Sur le chemin du retour, nous faisons un arrêt pour admirer les Trois Grâces, trois cheminées de fée coiffées de roches noires. La vue sur la vallée est splendide et nous offre notre dernier panorama de la journée.

De retour à l’hôtel, épuisés par la chaleur, nous prenons une bonne douche. Pour souper, direction La Vida à la carte, où nous essayons un plat typique de la région: le Testi Kebab. Les pots en terre cuite sont fabriqués en Cappadoce depuis des siècles. À l’intérieur de ce pot, on cuisine un mélange de viande (agneau ou poulet), ail, oignon et tomates, en le faisant cuire à feu doux pendant des heures. Le pot est servi sur la table dans une assiette en feu et le serveur casse le pot devant nous pour faire couler le mijoté dans une autre assiette. La viande est très tendre et c’est tout un spectacle et un régal pour nos papilles.

Fatigués mais heureux, nous nous couchons tôt, prêts pour notre aventure en montgolfière demain.
Journée 6 – Le ciel de Cappadoce en montgolfière Jeudi 2 juin 20223 h du matin, l’alarme sonne… et ouiiii, la joie d’un vol en montgolfière matinale ! La van de Butterfly Balloons vient nous chercher à 3 h 30. Sur la route, nous croisons plusieurs Jeep traînant des nacelles sur des remorques. Dix minutes plus tard, nous arrivons à leurs locaux. Environ cinquante personnes sont déjà là. Après les formalités, un petit déjeuner buffet nous attend: fruits, gâteaux, eau, jus et café. Un peu long, surtout que nous aurions aimé dormir une heure de plus.

Nous sommes jumelés avec un conducteur de ballon et montons à 16 dans la van avec lui et un chauffeur direction le site de lancement. Il fait encore noir, mais les montgolfières commencent déjà à se gonfler et à s’illuminer autour de nous. L’excitation monte et la fatigue disparaît comme par magie. À 5 h, Ali, notre pilote, nous donne les consignes de sécurité et nous montons dans la nacelle. À 5 h 05, nous décollons tranquillement du sol.

Le lever du soleil est tout simplement magique. Nous sommes entourés d’une cinquantaine de montgolfières colorées. Nous montons et descendons doucement, tournons, frôlons les arbres et passons la crête de la Vallée de l’Amour. La Cappadoce est façonnée depuis des millénaires par l’érosion du tuf volcanique, et ces vallées ont servi d’abris naturels aux habitants dès l’époque hittite (vers 1800 avant J.-C.).

L’air frais, les couleurs changeantes et le spectacle constant du soleil sur les vallées nous émerveillent.

Ali, notre pilote, nous dit qu’aujourd’hui, ce sont vraiment des conditions parfaites pour faire ce sport. Il décide de prolonger le vol, et nous atteignons 5 000 pieds et surplombons toutes les autres montgolfières ! Un moment époustouflant. Le vol dure finalement 1 h 15 au lieu de 50 minutes.

L’atterrissage se fait directement sur la remorque avec l’aide des accompagnants au sol. Nous descendons un par un et entrons même dans le ballon à moitié dégonflé avant qu’il soit plié. Il est temps de sabrer le champagne: trois bouteilles! 6 h 30, c’est tôt pour boire de l’alcool, mais qu’importe: nous trinquons tous ensemble et recevons nos médailles et diplômes.


Retour à l’hôtel à 7 h 15. Comme le petit-déjeuner n’est servi qu’à 8 h 30, nous nous recouchons jusqu’à 10 h. Une bonne grasse matinée après l’excitation de ce vol. Nous déjeunons sur la terrasse, admirant la vue sur Göreme depuis les coussins colorés des divans. Audrey et Rose partent explorer la colline, mais reviennent rapidement en sueur: la chaleur est accablante. Nous décidons donc de repousser la randonnée à plus tard, vers 17 h.

Nous prenons la voiture pour visiter le Göreme Open Air Museum, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce site est un ancien lieu de pèlerinage byzantin, où églises, chapelles et monastères ont été creusés dans les collines de tuf. La Karanlik Kilise, ou église noire, avec ses fresques très bien conservées, nous impressionne particulièrement.


Pour le coucher du soleil, nous nous dirigeons vers la Vallée rouge. Le point de vue principal est bondé de kiosques et de balançoires en forme de cœur… pas très notre style. Nous nous faufilons vers un sentier pédestre plus isolé et attendons le coucher du soleil dans une grotte avec une vue magnifique. Le soleil se couche vers 20 h, et nos estomacs crient famine.
Pour souper, retour à Ortahisar au restaurant du menu unique. Le propriétaire est ravi de nous revoir. Le souper est délicieux: pois chiches, mijoté de bœuf, soupe, riz, salade de tomates et pain.
Nous rentrons ensuite à l’hôtel dans la noirceur à 23 h. Le proprio nous apprent que les montgolfières sont annulées pour demain matin, en raison des vents qu’ils prédisent forts. Alors, pas besoin de nous lever tôt pour voir les ballons de notre hôtel, on va pouvoir dormir!
Journée 7 – À l’abri sous terre
Vendredi 3 juin 2022
Ce matin, nous nous réveillons sous un ciel étrange: tout est en brouillard… mais ce n’est pas du brouillard! Le propriétaire nous explique qu’une tempête de sable venue de Syrie a laissé flotter de fines particules dans l’air. Pas idéal pour respirer, ni pour nos plans de randonnée. Nous décidons donc d’adapter notre journée: ce sera une excursion en voiture dans la campagne environnante et la visite d’une ville souterraine, à l’abri de la chaleur et du sable.
Notre première étape est Mustafapasa, un ancien village grec. Fondé à l’époque byzantine et influencé par les Ottomans, il a conservé ses racines grecques malgré le boom touristique récent. Nous faisons un tour à pied, admirant l’architecture et les maisons aux volets colorés, avant de repartir vers le barrage de Damsa. La visibilité est faible et nous poursuivons notre route sans trop tarder.

En chemin, nous cherchons à déjeuner à Cemil, mais le village ne compte aucun restaurant. Ce n’est qu’un village d’agriculteurs! Nous continuons donc vers le Monastère Keslic, où jadis 300 moines vivaient dans ce site isolé. Le gardien nous accueille et nous fait le tour. Le lieu est intéressant, mais ressemble aux autres monastères visités jusqu’ici. La faim nous pousse à reprendre la route.

À un carrefour, nous choisissons de nous diriger vers Derinkuyu, la célèbre ville souterraine, plutôt que vers le canyon de Soganli. Cette décision se révélera excellente: à l’entrée de la cité, un petit restaurant local nous accueille. Ici, pas de menu compliqué: le chef fait ses courses au dépanneur du coin, encore et encore, pour nous satisfaire. L’anglais n’étant pas de mise, Google Translate devient notre allié. Entre rires et échanges maladroits, nous savourons un repas simple mais délicieux.
La visite de la ville souterraine de Derinkuyu est fascinante. Ces cités ont commencé à être creusées au Vᵉ et IVᵉ siècles avant J.-C., pour abriter habitants et animaux. Plus tard, elles servirent de refuge aux premiers chrétiens grecs face aux persécutions romaines, puis aux habitants de la région contre l’Empire ottoman. Avec ses 13 étages et ses passages étroits, la cité pouvait loger jusqu’à 20 000 personnes. Les galeries, parfois si basses qu’il faut se pencher, sont impressionnantes. Une femme et son mari ont dû rebrousser chemin, car certains passages étaient trop étroits. L’air frais et climatisé naturellement nous redonne énergie et émerveillement.
En sortant, un jeune antiquaire nous présente fièrement ses trésors cachés: pièces de monnaie, bagues et objets anciens, révélant l’histoire locale à travers ces petites merveilles.


De retour à Göreme, nous prenons une douche pour enlever sable et sueur. Pour souper, nous choisissons Nazar Borek, un restaurant troglodytique perché dans la montagne. Le propriétaire est charmant, parle un peu français et nous raconte la culture locale. La nourriture est fraîche, cueillie dans leur jardin juste en face.

La soirée se poursuit dans la Love Valley, célèbre pour ses monolithes aux formes évocatrices. Bien que nous arrivions un peu tard pour le coucher du soleil, nous profitons d’une belle randonnée parmi ces cheminées de fées masculines, un paysage unique façonné par l’érosion du tuf volcanique sur des milliers d’années.

Pour clore la journée, retour à la terrasse du restaurant pour un dessert: une Gozleme (crêpe) au chocolat. La brise chaude caresse nos joues, la nuit est douce, et nous ne voulons toujours pas aller nous coucher : la température parfaite et l’ambiance magique nous retiennent dehors.
Journée 8 – Montgolfières, randos et tempêtes de sable Samedi 4 juin 2022 –
La veille, le proprio nous avait confirmé que les montgolfières seraient dans le ciel. À 5h du matin, nous nous réveillons pour admirer le spectacle depuis le balcon de l’hôtel. Encore à moitié endormis, on hésite un peu… jusqu’à ce que Steve revienne en criant: «Gang, elles sont toutes là, juste au-dessus de notre hôtel!» Deux secondes plus tard, nous sommes dehors en pyjama, yeux collés, à prendre des photos et à rire de nous-mêmes. Moment magique partagé avec Sophie via Facetime: presque aussi beau que d’être dans les airs.
À 6h, nous partons pour une randonnée matinale dans la Vallée des pigeons. La température est encore agréable, et nous marchons deux heures au milieu des oliveraies en fleur. La vallée est différente des autres: pas de cheminées de fée, mais une vue superbe sur le château d’Ushisar, imposante forteresse similaire à Ortahisar, mais plus grande et plus haute. Seuls au milieu de la nature, entourés du bourdonnement des abeilles, la sérénité est totale. À 8h15, la chaleur commence déjà à se faire sentir.
Retour à l’hôtel pour le petit déjeuner et une matinée relax: blogs sur la terrasse et lessive pour les filles.
Plus tard, nous dînons chez Firin Express où notre serveur, un Afghan arrivé en Turquie il y a quatre ans, nous raconte son parcours entre sourires et anecdotes. L’après-midi est calme, entre sieste et envoi des blogs.
À 17h, nous nous préparons pour une randonnée en fin de journée afin d’admirer le coucher de soleil. Nous retournons au restaurant à menu unique, devenu une petite tradition. Le propriétaire nous accueille chaleureusement.
À 18h, nous entamons la randonnée dans la Vallée Rouge, célèbre pour ses roches rouges et ses églises rupestres. La descente est tranquille… jusqu’à ce que la pente devienne raide et que nous nous retrouvions au fond du canyon, entourés d’une végétation verdoyante. Nous faisons une pause pour un jus d’orange fraîchement pressé et explorons plusieurs tunnels et cavernes reliant la Vallée Rouge à la Vallée Rose. Véritablement, c’est la plus belle randonnée de la région.


Il est 19h quand nous amorçons notre remontée. En chemin, nous croisons l’église à colonnes. Nous décidons d’y pénétrer. C’est vraiment impressionnant comme église. C’est la plus grande que nous avons vue jusqu’à maintenant. L’intérieur est peinturé tout en blanc avec d’énormes colonnes.


Nous arrivons au sommet vers 19h40 pour admirer le coucher de soleil. C’est juste trop beau!
Puis tout d’un coup, nous apercevons de la boucane au loin…. Le vent se lève et nous comprenons que c’est une mini tempête de sable qui se pointe à l’horizon. On se dit que c’est loin et que tout va bien aller….mais on comprend rapidement qu’elle arrive sur nous. Nous accélérons notre ascension pour revenir à notre point de départ. Nous sommes pratiquement en haut, une chance, mais on se fait quand même frapper par le vent et le sable à 5 minutes de notre arrivée. Le sable nous fouette les jambes, ça fait mal. Le vent nous pousse. On court en espérant que tout se passe bien. On se dit qu’on aime mieux les tempêtes de neige, car au moins, la neige n’entre dans les poumons et nos yeux. C’est pas super!
On rencontre un campeur qui est en train de perdre sa tente, soufflée par le vent. Il nous demande de l’aide, mais le sable nous aveugle et il ne parle pas anglais, juste turc…donc on ne comprend pas trop et nous continuons notre route à la course vers l’auto. Nous arrivons juste à temps. Dans l’auto, nous reprenons notre souffle et buvons de l’eau, histoire de mieux respirer et nous enlevons le sable dans nos yeux. Tout à coup, nous voyons le jeune homme de la tente, arriver dans le stationnement. Steve baisse sa vitre et lui demande s’il veut un lift jusqu’au village. Il ne comprend rien. On fait des signes et il accepte avec joie notre invitation. Il met son lourd pack-sac dans le coffre de l’auto et embarque avec nous jusqu’à Göreme. Les filles sont crampées car c’est extrêmement difficile de parler avec lui. Il ne comprend aucun mot en anglais!!! On finit par comprendre qu’il est un voyageur d’Istanbul et qu’il a 25 ans.
Arrivés au village, nous le laissons sur le coin de la rue et nous allons manger un dessert au Rock Café. Le gentil proprio nous reconnait et il est très content de nous revoir. Nous prenons un café latté glacé et un chai au lait de pistache. Les filles prennent un café noir avec une crêpe au chocolat et pistache. Un vrai délice!
Audrey remarque qu’il y a des éclairs dans le ciel, là où nous étions en rando. Une maudite chance que nous avons ramené notre ti-t’homme sans tente. Sur le sommet de cette colline, sans arbre, il aurait été sûrement la cible des éclairs.
Nous arrivons à notre hôtel et le ciel est vraiment déchainé. Il y a des éclairs à toutes les 10 secondes. Après 30 minutes à admirer le ciel, nous entrons nous doucher et nous coucher. Méchante journée de fou encore une fois!
La Cappadoce confirme sa réputation: paysages uniques, randonnées incroyables, moments inoubliables… une région à découvrir absolument.