Réveil à 5h45, direction l’aéroport. La ville est tranquille au petit matin, et nous en sortons rapidement, comme des pros. À l’arrivée, petit moment d’inquiétude: notre compagnie de location d’autos n’est pas sur place. Steph, telle une compétitrice de Pékin Express, se précipite à l’extérieur pour demander où se situe le kiosque Sixt. On nous explique qu’il est hors de l’aéroport, mais avec une navette. Après quelques indications, nous trouvons le lieu, remettons les clés, et l’inspecteur n’y voit que du feu: notre réparation est impeccable ! Une navette nous ramène au terminal domestique, ouf !
En 1h de vol, nous arrivons à Istanbul. Nous nous trouvons un transport privé à la sortie de la porte 9. C’est une van Mercedes de type limousine à l’intérieur. VIP jusqu’à notre hôtel du départ: le Turkoman Hotel. C’est un hôtel modeste, mais idéalement situé pour visiter la vieille ville.
Quelques minutes pour se rafraîchir et appliquer de la crème solaire, et nous voilà partis pour notre dernier diner à Istanbul au Kosk Kebab, notre coup de cœur. Falafels, humus, tzatziki, wraps au poulet et limonade fraîche: un régal malgré deux jeunes clientes qui allument leur cigarette à côté, petite touche de réalisme de voyage !
Sur le chemin du retour, notre regard croise un jeune homme qui est assis sur le bord de la rue. Il nous aborde avec un beau sourire. Il a beaucoup de charme. Il nous explique qu’il est en pause. Avec ses frères, ils opèrent une boutique de tapis. Nous nous laissons convaincre d’aller la visiter. Nous voulions un peu revivre notre expérience marocaine, il y a 20 ans de cela!
Là, nous sommes accueillis comme des sultans: assis confortablement, thé, café et baklavas sont servis pendant que trois commis déroulent tapis après tapis. Le vendeur explique patiemment la différence entre tapis faits à la main versus à la machine. Il nous montre que c’est de la vraie laine et non du synthétique en faisant brûler une mèche de tissu. Une fois qu’il y a une dizaine de tapis étendus sur le plancher, il nous demande quel est notre style préféré. Un après l’autre, il les fait retirer par les commis quand on dit non. Lorsqu’il n’en reste que trois, il part en chercher d’autres dans le style que nous aimons. Le vendeur revient avec des nouveaux tapis dans les couleurs que nous aimons. Et nous repartons pour une deuxième ronde de déroulage de tapis!
Avec notre expérience marocaine, nous savions qu’il ne faut jamais dire quel est notre tapis préféré en premier, car c’est toujours lui, par hasard, qui est le plus cher!!! Donc, nous prétendons sur un faux premier choix, pour obtenir un prix. Finalement, le prix qu’il nous fait est vraiment hors de notre budget. Nous nous sentons mal et nous lui expliquons que finalement, tout ceci est trop cher. Il baisse un peu son prix, mais juste de 100$. Il nous demande de lui faire une offre.
Steph prend les commandes de la négociation, et coupe le prix de 60%. Le vendeur feint la crise de coeur! Il nous redemande de lui faire une autre offre. Steph s’en occupe. Elle refait son offre un tout petit peu à la hausse. Juste pour dire. Il dit qu’il doit en discuter avec ses autres frères et il part.
À son retour, il nous refait une offre, plus dans notre budget. Nous tentons de le rejoindre à mi-chemin et il accepte notre offre. Yes! En moins de 2 minutes, le tapis est emballé dans une petite mallette pour le transport aérien, le paiement est fait et nous recevons notre certificat d’authenticité! Nous le saluons et quittons sa boutique. L’achat d’un tapis en Turquie est toute une expérience. Ce fut bien amusant et, espérons, formateur pour les filles.
En fin d’après-midi, nous nous préparons pour le souper sur un roof top, afin d’admirer le coucher de soleil sur la Mosquée Bleue. Après quelques emplettes, nous arrivons au Blue House Restaurant, et cette fois-ci, nous avons la meilleure table. La vue est incroyable : la Mosquée Bleue et Sainte-Sophie se teintent d’or au coucher du soleil. Nous discutons des moments forts du voyage: la Cappadoce et sa montgolfière, le road trip en montagne, le parapente au-dessus du lagon bleu, la villa à Kalkan, la bijouterie et la bague de Stéphanie, Istanbul et Joey, notre vendeur de baklavas, et bien sûr, l’achat du tapis.

Nous terminons la soirée avec un dernier passage chez Emir (que nous surnommons amicalement Joey), notre boutique de délices turcs préférée. Comme toujours, l’accueil est chaleureux, nous goûtons plusieurs spécialités et repartons avec trois boîtes sous vide pour le retour au Canada. Photo souvenir avec Joey et une invitation au Canada pour plus tard: une belle conclusion pour le voyage.
Journée 19 – Retour au Québec, Tout est bien qui finit… bien…vive le Karma!
Mercredi 15 juin 2022
Ce matin, nous sommes tous fébriles pour le retour à la maison. Au réveil, Rose constate que l’écran de son cellulaire reste noir. Panique générale. Nous n’avons pas le temps de nous en occuper, mais elle tente plusieurs manipulations, toutes vaines.
Nous partons pile à 6h15 de notre hôtel, sans déjeuner, pour être certains de ne pas manquer notre avion. La route est fluide, et nous arrivons à l’aéroport en un temps record. Après la sécurité, Rose découvre dans un bac une montre Omega pour homme. Oh! Je lui dis que cela vaut cher et qu’il faut la garder pour l’instant et ne pas la donner tout de suite aux agents. Nous attendons un peu le retour de la personne et en regardant plus loin, nous apercevons un voyageur qui court et cherche intensément sa montre. Pour le bien de notre karma, nous allons à sa rencontre. Il est tout content quand nous lui remettons sa montre et il repart avec un grand sourire.
Grâce à mon statut Super Élite, j’ai accès au lounge mais seulement un invité, donc Audrey sera l’élue. Nous grignotons un peu et nous rapportons petits croissants, fromage, jus et bouteilles d’eau à Steph et Rose, de quoi tenir jusqu’au départ. Rose tente de ne pas penser à son cellulaire, mais elle est inquiète pour toutes les photos de notre voyage.
Le premier vol de 3h30 se déroule bien. Nous faisons escale à Paris, où nous retrouvons une valise d’enfant abandonnée. L’agente d’Air Canada nous assure de ne pas la déplacer: le propriétaire la retrouvera. Effectivement, un papa arrive en courant et repart avec un large sourire et sa valise de Mickey Mouse.
En attendant notre prochain vol, nous tentons de ressusciter le cellulaire de Rose. Après quelques essais, elles appellent accidentellement le 911 de Paris: embarras général. Audrey contacte le cousin David, expert en réparation de cellulaires. Il leur explique quoi faire et en cinq minutes, miracle: l’écran revient à la vie ! Rose est aux anges, toutes ses photos sont intactes. Yé! Premier Karma.
En embarquant dans l’avion pour Montréal, nous trouvons un sac à main sur le siège de Rose. Nous sommes les premiers à embarquer. Bizarre. Nous regardons une pièce d’identité dans le portefeuille et c’est une Québécoise. Nous la montrons à un agent de bord et il constate que c’est une des agentes de bord dans l’avion. Elle revient le chercher et nous remercie mille fois! C’est notre karma qui est content!
Nous arrivons à Montréal vers 16h30 et devons attendre jusqu’à 21h00 pour notre correspondance vers Québec. Heureusement, ici, nous avons tous accès au lounge pour nous reposer et manger. Rose et Audrey, épuisées, trouvent un moyen de dormir par terre sur des tapis, tandis que Steve et moi récupérons un peu sur des divans. Nous réveillons les filles, il est 20h30 et c’est l’heure de l’embarquement. Enfin! On a vraiment hâte! Sophie, PO, Vincent et Julie-Anne nous attendent à la maison et viendront nous chercher à l’aéroport à 22h.
Mais l’embarquement ne se déroule pas comme prévu. Aucun agent n’est présent, ce n’est pas normal et bien sûr quelques minutes plus tard on nous annonce que le vol est retardé à 22h00. Le même scénario se répète encore et encore. Après 25 heures d’éveil, le découragement est total. Il est 23h30, quand on nous annonce un autre retard en raison du manque de personnel. Mais cette fois-ci, l’agent nous suggère fortement de louer une voiture pour rejoindre Québec.
Steve décide de se servir de son statut de Super Élite pour nous sortir du pétrin. Nous allons au service à la clientèle d’Air Canada pour qu’on nous aide. L’homme au comptoir nous donne une liste d’hôtels à proximité. Je les appelle et ils sont tous pleins, car c’est le Grand Prix présentement à Montréal.
Il est minuit, les agences de location de voitures sont fermées, pas d’Autobus, ni train à cet heure. Nous jouons la corde sensible avec le monsieur d’origine pakistanaise, en lui disant que nos filles ont vraiment hâte de voir leurs amoureux, que nous sommes réveillés depuis 1000 heures, que nous sommes brûlés… Il faut trouver une solution. Le prochain vol sera demain matin à 8h00. Il faudra dormir dans l’aéroport sur un banc… Innaceptable!
C’est alors qu’une solution improbable se présente: l’agent nous propose de nous reconduire personnellement à Québec avec sa voiture. Il dit qu’il a déjà été chauffeur d’Uber, qu’il adore conduire la nuit, qu’il n’est pas fatigué, que son chiffre est fini depuis déjà 2 heures. Bref, il nous a convaincu de le suivre dans cette idée folle. Après un moment d’hésitation, nous acceptons. Nous convenons du montant avant de partir, histoire d’éviter toute surprise. Deuxième Karma!À 2h00 du matin, nous embarquons dans sa vieille Toyota Corolla. Sa conduite est un peu saccadée, mais sa personnalité drôle et attachante nous rassure. Nous discutons voyage, projets, origines pakistanaises, et Audrey partage ses ambitions. Je dors un peu, tandis que le soleil se lève, la beauté du paysage met un baume sur ce retour au Québec qui ne se déroule vraiment pas comme prévu.

Il est 5h du matin quand nous arrivons à la maison. Le jour est levé. Nous sommes vidés. Nous sommes heureux de lui avoir fait confiance. Il reprend tout de suite la route et nous entrons réveiller Julie-Anne et P-O qui sont endormis au salon. Audrey va réveiller Vincent. Ils jasent un peu et Julie-Anne reconduit Rose chez elle. Nous allons nous coucher morts de fatigue, mais heureux que tout se soit bien déroulé. Nous avions finalement un bon karma!
Merci d’avoir suivi nos aventures !
Stéphanie, Steve, Audrey et Rose xxx
P.S. Rose a été une voyageuse exemplaire: rapide à s’adapter, curieuse et joyeuse, elle a semblé avoir toujours voyagé avec nous, faisant totalement partie de la famille.
Lexique turc
Les mots turcs sont très difficiles à retenir. Meraba, c’est bonjour. Tesekkürler, c’est merci. Hosçakal, c’est au revoir. Alors, quand on voyait des mots qui étaient les mêmes qu’en français, nous étions bien impressionnés! Rose en a photographié plusieurs, et je vous présente son top 6!
Il s’agit des mêmes mots français, mais qui se donnent un air turc! Ils sont écrits au son:
Accessoire
Réservation
Photocopie et textile
Apple Service technique
Boutique
Ambulance
Auto et coiffeur
Hôtel
Et notre préféré: cure-dent!